La victoire des populistes et des fake news

Aujourd’hui, la défiance des Français à l’égard des femmes et des hommes politiques est forte. Nos hexagonaux ne sont pas tous intéressés par le remboursement de la dette ou par les engagements pour le climat. Ils attendent une réponse à leurs préoccupations individuelles diverses et variées. Pour beaucoup, peu importe l’intérêt général et les décisions politiques prises en ce sens. Les élus politiques et les syndicats de tous bords tentent de retrouver une place dans le débat politique. Seuls les plus populistes semblent y parvenir.

Il y a eu le Brexit au Royaume-Uni, Trump aux USA, Salvini en Italie, Bolsonaro au Brésil… Les réponses simplistes des politiciens populistes font mouche. Elles rassurent face à la peur du lendemain, au terrorisme, aux évolutions sociétales, à la migration des réfugiés. Ceux-là savent manipuler les images et l’information et donc manipuler l’opinion. Leur nouvelle arme : les réseaux sociaux.

Il faut aujourd’hui savoir composer avec la puissance des réseaux sociaux qui facilitent la mobilisation, transmettent des informations (plus ou moins vraies) à la vitesse de la lumière et jouent pour pas cher la carte de l’émotion.

Sur un réseau social, pas de prix à payer. On y déverse ce qu’on veut sans débourser un centime. Que votre publication soit fantaisiste, imaginaire ou basée sur des faits réels ne change rien. Donc, rien à perdre, pas de risque à poster et reposter d’innombrables fausses infos.

Qu’importent les faits, on ne cherche plus à savoir ce qui a conduit à l’interpellation de lycéens à Mantes-la-Jolie. On ne retiendra que le fait qu’ils soient agenouillés. Et on s’indigne. Il n’y a plus place à un débat argumenté mais, au contraire, les émotions priment sur la raison. Personne (ou presque) ne vérifie ses informations mais se hâte de « partager » sur Facebook, la photo qu’il vient d’entrevoir. Celle-ci est parfois très ancienne, prise dans un pays éloigné, mais on ne vérifie pas. On partage.

Partagez !!!

Mais que partage-ton ? Sa peur, sa colère, son mépris. Les partages sont souvent assortis de commentaires outranciers et véhéments. Comme une trainée de poudre, on voit arriver les arguments les plus fallacieux. En l’espace d’une heure, la violence des manifestants est justifiée. Pour faciliter son acceptation, on rejette alors la violence sur les forces de l’ordre à coup de maximes tirées à la hâte d’exotiques  traités de pseudo philosophie.

Le nombre des partages fait vérité. Prenez une photo de supporters en jaunes fêtant la victoire de leur club de foot en 2014 et partagez en disant que ce sont des gilets jaunes, qu’ils sont plus de 60.000 dans une sous-préfecture de l’Occitanie et le tour est joué.

C’est le règne de la désinformation par les fake news. Quand elles se répandent, il devient très difficile de les endiguer car, encore une fois, le nombre de partages fait effet de vérité. Essayez d’expliquer ensuite qu’il s’agit d’un faux. Même si on vous croit, personne ne prendra le temps de rectifier et publier un démenti. Un tel effort d’honnêteté intellectuelle serait trop coûteux.

Pas d’attaque entre amis, mais la guerre chez les autres !

On trouve peu de commentaire hostiles ou remettant en question les pseudos infos partagées sur les murs des individus. Facebook étant le royaume des amis, personne n’ose affronter le groupe et ses valeurs. On trouve souvent des séries d’acquiescements inutiles (du style ok, moi aussi, c’est fait, signé…) Au mieux, on se risque parfois à changer le pouce levé en un émoticône plus équivoque.

Par contre, sur les sites plus institutionnels et semblant appartenir à tout le monde, c’est le grand défoulement. Les insultes, les injures, les propos racistes, tout y passe.  Si personne n’ose trop contredire ses amis, beaucoup se lâchent sur les espaces collectifs.

Il en va de même dans le monde virtuel que dans la réalité, pour chez soi un parfum suave à partager en famille et à l’extérieur, on déverse ses déchets sur les espaces publics.

fake news

Tim Le Besson

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